Le 18 décembre 2023
M. Remy Berthier, président de l’AATF
Mme Karine Garcin-Escobar
Contacts :
fabrice.ribet@gmail.com
equipeaat@gmail.com
A la suite de votre élection à la présidence de l'association, le 6 décembre dernier, vous avez décidé, avec votre équipe, de convoquer une AG extraordinaire. Celle-ci aura pour but d'obtenir, auprès des adhérents, la validation de votre principal engagement de campagne, la co-présidence.
Comme vous le savez, une modification des statuts est un moment crucial pour la vie de l'association. Elle doit par conséquent relever d'une certaine rigueur, et même avoir une certaine solennité. On ne peut pas se poser en chantre de la démocratie interne, et changer les statuts de l'AATF en catimini.
Est-il bien sérieux d'organiser une AG extraordinaire le 22 décembre, à trois jours de noël ?
Cela n'est en rien respectueux des adhérents. Les règles de calcul du quorum, basées sur la liste des adhérents 2022, rendent incertaines la tenue même de cette AGE. Ce qui apparemment ne vous dérange pas outre mesure, puisque vous ne masquez nullement, dès à présent, l'idée de convoquer une autre réunion, sans règle de quorum cette fois, début janvier.
Nous sommes très étonnés, et pour tout dire navrés, que vous envisagiez, à cette heure, d'organiser cette AG extraordinaire en visio-conférence. Et plus encore, que les votes des adhérents aient lieu à main levée. Si cette modalité de vote peut s'envisager pour une association de quelques dizaines de membres, elle est absurde pour une association comme la nôtre, qui compte près de 1000 adhérents !
Nous vous demandons ainsi, par ce courrier et a minima, de déplacer la date de cette AGE. Vous aurez tout loisir de la convoquer à une date qui assurera la présence du plus grand nombre, en conformité avec vos engagements. A défaut, le minimum du respect des adhérents consisterait à opter pour le vote électronique, méthode simple et efficace, éprouvée pour l'élection du bureau.
Vous avez récemment fait l'objet d'une longue interview, parue ce week-end sur le site de la Gazette des communes. Dans cet article, vous vous distribuez de nombreux satisfécits. Vous vous vantez d'avoir une « méthode différente ». Vous voulez créer des « échanges presque permanents avec nos adhérents et les délégations régionales ». Vous prétendez faire preuve de collégialité, d'ouverture et de transparence.
Les adhérents ne vous jugeront pas sur des postures, mais sur des faits.
Il est donc important qu'ils sachent, dès à présent, que vous pratiquez en réalité et au quotidien la rétention et le verrouillage des informations. Les exemples s'allongent de mails qui ne sont pas envoyés à tout le monde, de convocations qui arrivent à la dernière minute ou après l'heure, d'erreurs qui n'en sont pas vraiment… Défendez-vous réellement la démocratie participative ?
Dans cette interview toujours, nous sommes navrés de constater un manque d'élégance, un manque d'ambition, et même un abaissement annoncé et assumé.
Tout d'abord, à vous lire, vous considérez la co-présidence comme acquise. Celle-ci dépend pourtant du vote des adhérents en faveur, ou en défaveur, de la modification des statuts. Non contents d'organiser une AGE en catimini, vous faites également peu cas du vote des adhérents, qui ne se présume pas.
Vous rejetez le terme de haut fonctionnaire territorial, porté par l'ancienne mandature. Et lui préférez le terme, qui est un délitement manifeste, de « dirigeant territorial ».
Vous officialisez l'abandon d'un label porté par l'ancienne équipe - dont vous prétendez pourtant descendre - et ce, sans la moindre discussion, ni en bureau, ni en CA, ni en AG.
Si nous ne sommes pas hauts fonctionnaires, pourquoi la DGAFP nous mettrait-elle au même niveau que ceux de l'Etat ? Si nous ne sommes pas hauts fonctionnaires, alors il n'y a plus d'homologie. C'est la certitude de voir notre cadre d'emplois relégué à la cave des réformes statutaires.
Tôt ou tard, l'AATF, si elle ne représente pas les hauts fonctionnaires territoriaux, ne sera plus conviée aux négociations ministérielles et ne sera plus entendue.
Vous engagez vos négociations en adoptant une posture lisse et complaisante. Vous renoncez d'emblée à toute action volontariste et à vous battre pour le cadre d'emplois.
Les adhérents vous jugeront sur vos résultats.
En aurez-vous sur les décrets d'homologie ? Y aura-t-il demain des grilles indiciaires pour tous les grades, tous les emplois (même fonctionnels) ? Ou y aura-t-il des grilles différentes, des bonifications diverses, qui laisseront place à l'arbitraire ?
En aurez-vous, des résultats, alors que vous annoncez, unilatéralement et sans l'avoir évoqué avec l'intéressé, retirer le recours gracieux que Fabien Tastet vient d'envoyer à la Première ministre ? Celui-ci n'est pas qu'un simple courrier anodin, comme vous le dites, c'est le prélude à un éventuel recours contentieux. Vous retirez ce recours, alors que vous n'avez pas obtenu la moindre contrepartie.
Renoncement à la notion de haut fonctionnaire, renoncement au recours : les marqueurs du déclin sont désormais posés, en moins d’une semaine.
Pour l’équipe AAT (Avancer, Accomplir, Transmettre)
#FiersDuBilan
Fabrice RIBET
